Jardin

Trois, deux, un, partez!

13 avril 2017

Paraît que le beau temps va durer. Tant mieux, parce que ça y est, le coup d’envoi de la saison est donné. Ça fait beau temps que les perce-neige ont fleuri, on en est aux primevères et aux jonquilles. Depuis plusieurs semaines, à chaque période ensoleillée qui me fait rêver au printemps, je descends dans mon jardin. Pas pour y cueillir du romarin, gentil coquelicot, il est encore trop tôt. mais pour voir à quoi ça ressemble, comment ça se présente. Pour graboter ici ou là, pour greliner un peu si la terre est d’accord.

Qu’est ce qui reste à récolter? Deux ou trois panais à mettre dans le pot au feu, quelques choux, des verts et des rouges, des poireaux, ravagés par la fameuse « mineuse » mais bien bons quand même. Simplement, il en faut quatre pour en faire un, tout petits qu’ils sont et ça s’arrange pas après l’épluchage. Saloperie de mineuse, vivement que ses prédateurs naturels s’installent! Ah, j’allais oublier: quelques mâches, des pissenlits bien sûr, et aussi les petites rosettes pourpres d’une chicorée « Rouge de Vérone » semée en fin d’été, disparue sous terre quelques mois après avoir été tondue par le chevreuil et qui a décidé de me faire la surprise de son retour.

Qu’est ce qui sort, tout doucettement, sans se faire trop remarquer? J’ai trois carrés de menthe, de trois espèces différentes. Une dont je me sers quasi quotidiennement en saison: j’en mets partout, dans les sauces au yaourt agrémentées de verdure parfumée, dans les courgettes avec lesquelles elle s’accorde merveilleusement, dans la purée de pommes de terre, eh oui, pourquoi pas, tentez le coup vous me direz. Ce carré là a déjà bonne allure. Pourtant, les herbes indésirables, boutons d’or en particulier, ont pris de l’avance. Mauvais signe, la terre fatigue et la menthe aussi. Car elle pousse dru normalement, et aucune vivace ne parvient à s’y infiltrer, ne parlons pas des annuelles. Il est peut être temps de la changer de place, ma belle épuisante. Pour l’instant, je me contente de désherber très soigneusement et de rajouter une bonne petite couche de compost. Je verrai plus tard, quand la saison sera plus avancée, à lui trouver un autre pré carré. Pas de souci, il suffira de prélever quelques touffes bien racinées, et vogue la menthe.

L’autre menthe (mais est-ce une menthe?) est très brune, avec une odeur tout à fait particulière. Elle vient d’un jardin du Forez et m’a été donnée, sous le nom de « Chartreuse », avec une recette de liqueur: un litre d’alcool, dix à vingt tiges bien feuillues, vingt sucres, quarante jours d’attente avant de filtrer… et de boire en digestif.

La troisième, je l’ai volée dans le Queyras, à la porte d’un gite rural. Mais elle ne prospère guère, sans doute n’ai-je pas trouvé le sol qui lui convient. Ou alors elle regrette sa montagne? En tous cas, elle va bien en tisane.

L’oseille aussi est en train de pointer ses petites oreilles. Encore trop minuscules et collées au sol pour que ça vaille la peine, mais ça vient. Une bonne soupe aux pois cassés et à l’oseille, qu’en diriez-vous? La recette, vous la trouverez dans « Par ici la bonne soupe », éditions Terre Vivante, bien sûr. La douceur du pois cassé tempère merveilleusement l’acidité de l’oseille, qui réveille opportunément la relative fadeur du pois cassé. Prévoyez un temps de cuisson… large, très large, hein? A part la lentille, vite cuite, les légumineuses ont tendance à se faire désirer longtemps. Mais ça vaut la peine, croyez moi.

Mon figuier, dont c’est le second hiver, ne semble pas avoir souffert. L’an dernier, malgré une couverture de feuilles mortes, ses courtes branches avaient encore été raccourcies par le gel. Rien de tel cette année: il a doublé de hauteur, j’ai négligé, un peu volontairement, de le protéger, mais je n’étais pas vraiment inquiète pour lui. Il faut bien qu’il s’endurcisse, non?

Avant hier, j’ai fait mon premier semis: des fèves, c’est une tradition. Aujourd’hui, j’ai semé aussi, mais dedans: tomates, mes quatre préférées, Andines, Auriga, Berao, Crimée. D’habitude, j’achète au marché les plants de choux. Mais je maîtrise mal les variétés, impossible de savoir s’ils seront gros ou petits, tardifs ou précoces, et souvent ils sont en assez mauvais état. C’est résistant, les plants de chou, mais faut pas abuser non plus. Ma récolte de l’an dernier est assez décevante. Alors, j’ai décidé de semer, cette fois. Premier semis en barquette, je repiquerai une première fois en godet avant de mettre en place, on verra bien si je suis meilleure que les maraîchers.

Installation de mes cinq barquettes en pleine lumière, bien au chaud.

J’allais oublier de vous parler pommes de terre. J’ai acheté, à la coop bio, un sac de trois kilos d’amandines. J’en ai mis une partie dans une petite cagette, bien rangées verticalement comme des ptis soldats, une cinquantaine, que j’ai installé dans une annexe de la maison. A la lumière, mais à une température inférieure à 10 degrés. Hors gel, pourtant. Je mettrai le reste à germer un peu plus tard, pour échelonner le travail, c’est pas rien de planter des patates. Et puis je pense que je vais acheter encore, pré-germées, mes deux fétiches: les Rattes et les Belles de Fontenay.

Et puis, en croisant les doigts pour que le beau temps s’installe vraiment, je vais passer la quinzaine qui vient à greliner. La terre est encore un tout petit peu trop humide de la dernière neige (le 27 février, hé? « Neige en février vaut du fumier »). Je l’ai déjà dit? ah bon? Pas sûr!

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